3 Membrollais étaient inscrits à l’Etape du Tour 2024, l’une des belles et plus difficiles cyclosportives actuelles.
Cette année, cette cyclosportive était considérée par les organisateurs comme la plus difficile de toutes celles mises en place par ASO depuis plus de 30 ans : 138 km avec 4600 m de dénivelé.
3 Membrollais se sont retrouvés en début de semaine au camping la Vieille Ferme de Villeneuve-Loubet, aux portes de Nice sur les bords de la Méditerranée. Ils ont pu faire la reconnaissance du parcours et se donner un aperçu des difficultés qui les attendaient. Leur coach, en l’occurrence Thierry, était également de la fête pour leur donner de précieux conseils.
Pour des raisons politiques, la course avait été avancée au samedi et la journée de récupération des dossards et plaques de cadre au vendredi. Vendredi, nos trois compétiteurs, accompagnés de leurs hôtes ont pris le train en direction de Nice où leur coach les attendait ; celui-ci logeait dans une superbe résidence avec parc privé, Boulevard des Anglais, face à la mer. Rien à voir avec la modestie du camping qui abritait nos cyclos en tente et caravane d’un autre âge.
Après avoir récupéré leurs documents et fait quelques emplettes aux stands du village du Tour, notre petit groupe est allé se restaurer dans une pizzeria du Vieux Nice puis a terminé son repas par une bonne glace de chez Fenocchio, le meilleur glacier de Nice (On ne peut aller à Nice sans faire un tour chez Fenocchio). L’après-midi était consacré à la visite de Nice, son marché aux fleurs, ses églises, le Boulevard des Anglais, la Tour Bellanda, le #Love NICE…
Puis le jour J se leva comme à l’habitude. Dès 4 h30 l’effervescence commença à régner dans le camping, puis arriva le départ pour Nice vers 5 h 45 : 17 km à effectuer à vélo pour rejoindre les différents SAS de départ. Le coach était là pour nous accueillir et échanger quelques mots avec chacun. On l’écoute, mais sans l’entendre, la concentration est à son maximum. Chacun est déjà dans sa course et pense aux difficultés qui les attendent.
Puis, c’est le départ. Comme à l’habitude le rythme était fou. Il fallait faire preuve de sérénité et de bon sens : ne pas s’emballer dès le départ, tenir la distance et ses 4600 mètres de dénivelé positif. Rapidement, le col de Nice était atteint. Puis, c’était le col de Brauss, avec ses majestueux virages en épingles à cheveux comparables aux barreaux d’une gigantesque échelle apposée contre la montagne. Le col de Brauss franchi, la descente vers Sospel permettait de récupérer un peu avant d’attaquer la montée du Turini, la plus longue montée de l’étape, mais pas la plus difficile. Ce qui n’était pas le cas de la descente : la route était mauvaise, sinueuse, avec une forte déclivité.
Le temps était clément, moins chaud que l’an dernier. Il faisait même un peu froid au sommet des cols, notamment au sommet du Turini ou quelques gouttes de pluie avaient fait leur apparition. La descente dans la vallée de la Vésubie permettait de retrouver de la chaleur, trop pour certains, surtout que la montée du col de Colmiane n’était pas la plus facile notamment dans ses 5 derniers kilomètres. Dans cette montée de col, après St Martin de Vésubie, les cyclistes ont encore pu apercevoir les dégâts occasionnés par les pluies du printemps 2021 dans cette vallée.
Arrivés au sommet du Col de Colmiane, nos cyclos enchainaient la descente vers St Sauveur sur Tinée, avant de prendre, sur la gauche, la montée du col de la Couillolle, la plus difficile de l’étape : 16 km de montée, sans aucun moment de répit. Chacun gère la situation du mieux qu’il peut. Beaucoup montent à pied, se servant du vélo comme d’un appui, à l’image d’une personne âgée avec sa canne. D’autres s’arrêtent et essaient de récupérer un peu de forces avant de ré-emfourcher son vélo. Si les pancartes, placées sur le bord de la route, indiquant arrivée à 10 km, puis 5 km, pour redonner un peu de courage aux participants, fournissent à certains le supplément d’énergie qui leur manque, pour d’autres elles ne font que les décourager surtout lorsqu’elles indiquent une distance trop lointaine de la ligne d’arrivée.
Enfin, les pancartes 1 km de l’arrivée puis 900m, puis 800 m … jusqu’à 100 m sont interminables. On a l’impression d’être scotché sur la route de ne plus avancer, chacun des 100 mètres parcourus devient une station de chemin de croix. Enfin, la ligne d’arrivée apparait, c’est la délivrance. On la franchi, on reçoit sa médaille autour du cou. On est sur un nuage. On l’a fait. On est heureux. Bref, on goûte au vrai bonheur, celui de s’être surpassé.
Mais quoi ajouter, tous nos cyclos n’ont qu’un rêve : celui de revenir l’an prochain. C’est dire que la magie de l’effort noue de fortes amitiés.